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Les Mondes d'Ewilan : Légendes des Marches

Une adaptation en jeu de rôle de la Quête d'Ewilan de Pierre Bottero
 

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 La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)

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Erunteva Ervil



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MessageSujet: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Dim 27 Fév 2011 - 20:17

Elle enrageait.



Malgré tout ce qu'elle avait pu faire subir à l'Empire et à l'Ordre que son souverain avait tâcher d'y instaurer dès le retour des Sentinelles, elle avait toujours soutenu les causes qu'elle avait jugée justes, et le « Chaos » _ de ce qu'elle avait pu en apprendre _ n'en faisait pas partie. Pas plus que la soif de puissance de la Félonne. De plus, elle aimait bien la princesse Buhuna, prétendante légitime au trône. Cette femme avait du caractère. Et de l'élégance. Et puis, elle avait su plaider sa cause par ses actes posés envers son peuple.
En somme, Era l'appréciait, et donc, tout naturellement, s'était instinctivement rangée à ses côtés, du moins pour l'instant. Elle savait que l'on engageait des aides militaires pour lutter contre les forces armées ennemies ou encore protéger le peuple et les réfugiés des camps. Elle se sentait capable de subir et réussir le test d'accession au rang de soldat, mais elle savait aussi que les filles y était très mal vues. Sans compter qu'elle n'ignorait pas non plus que Maeron d'Al-Vor était recherché par le nom ET l'apparence.

Maeron...
Voila bien un nom qu'elle n'avait plus entendu depuis longtemps! Des mois qu'elle se faisait discrète pour éviter les ennuis majeurs! Certains de ses amis avaient d'ailleurs dû la laisser se débrouiller seule par crainte des représailles de la part des soldats de l'Empire et des sbires du Chaos. Des semaines qu'elle se gelait les os dans cette hostile région du nord, à quelques mètres à peine des camps, qu'elle vivait « au grand jour », aux yeux de tous _ y compris des gardes _ sans pour autant se faire repérer, à quelques pas de sa sœur et son fiancé, qu'elle surveillait activement, en protectrice inavouée,... Et quelques pas de Yoren. Elle tremblait chaque fois qu'elle l'apercevait et se dissimulait aussitôt pour ne pas qu'il la voit, ne pas qu'il la reconnaisse. Ça aurait tout fichu en l'air!
Et puis... et puis tous ses efforts avaient volé en éclat. Elle avait quitté son abri sous les yeux du seul homme qu'elle n'aurait jamais dû croiser... Une légende! Moins connu que le célèbre Edwin, mais tout aussi redoutable. Surtout pour elle. Néanmoins, absorbé par un combat d'évaluation d'une nouvelle recrue, il n'avait pas prêté attention à la fugitive que ses subalternes recherchaient depuis des années maintenant.
Après son étrange rencontre avec « l'homme au loup », elle avait repéré une bagarre d'adolescents. Elle ne s'en serait pas soucié d'avantage si elle n'avait distingué une jeune enfant dans le cercle de jeunes idiots. Jugeant leur attitude absurde et intolérable, elle était intervenue, sous les traits de Maeron (qui ne la quittaient plus), et avait rapidement mis fin à la persécution en désarmant le chef de la bande d'un simple geste du genou.

Ensuite, la confusion.

Une bagarre avait éclaté plus loin. Qui s'était très vite transformée en bataille rangée. Era avait compris que ce n'était pas un conflit normal dans un camp de réfugiés sensés soutenir la Princesse. Deux choix lui restaient alors. Fuir. Ou mettre tout ce petit monde hors de danger. Trois si on comptait celui qui consistait à tirer sa lame et croiser le fer, cependant elle ne pouvait s'y résoudre au vu de sa situation et de sa connaissance trop faible du combat qui se déroulait déjà. Les jeunes terreur qu'elle venait de remettre à leur place n'en menaient plus large. Mais s'ils ne roulaient plus des mécaniques en faisant les malins, ils pouvaient parfaitement se débrouiller seuls. Ce n'était pas le cas de la petite fille. Non sans quelques regrets, Era se décida.
Elle allait tous les ramener dans l'enceinte du camp le plus proche. Là-bas, ils seraient plus en sécurité, et elle pourrait confier l'enfant à Toph, sa sœur, avant de s'éclipser discrètement par la suite... Elle s'agenouilla près de la petite fille, trouvant instinctivement des mots et des gestes rassurants qu'elle n'aurait jamais cru exister en elle, lui dit « son nom », puis la pris par la main, exposa la situation aux jeunes roublards qui décidèrent presque sans hésiter de suivre l'homme qui les avait maîtrisés et qui semblait être un rebelle hors-la-loi, une sorte d'idole à leurs yeux, et Maeron emmena donc tous ces rejetons, dont elle avait provisoirement la garde, à l'abri au campement.



A présent, elle se maudissait d'avoir choisi cette option. La fuite aurait été mille fois plus intelligent. Elle s'était laisser attendrir pas la gamine et maintenant que celle-ci était en sécurité, elle, Maeron, Era, était en danger. Le Capitaine avait donner ordre d'encercler les réfugiés, au cas ou il y resterait caché quelques Mercenaires... Et quoi de plus ressemblant à un Mercenaire, en ces temps de troubles, qu'une mercenaire, un hors-la-loi?... Impossible de sortir, coincée dans la tente de sa sœur et de son fiancé, dévisagée par les autres occupants qui ne la quittaient pas des yeux, Maeron savait qu'elle ne s'en tirerait pas longtemps si elle restait là. Les villageois allaient tous être comptés, enregistrés, répertoriés, et Maeron ne mettrait plus longtemps à être découvert par les mêmes autorités qu'elle avait si habilement fuies et évitées depuis de si longues années. Il fallait trouver une astuce, et vite.
C'est Onrio, son presque beau-frère, qui trouva la solution pour lui sauver la mise. Très simple en apparence, il fallait pourtant y penser. En effet, si Maeron était recherché activement, Era, elle, n'était pas connue, et les quelques bêtises qu'elle avait pu faire au début de sa vie indépendante ne valaient pas un avis de recherche et personne ne devait s'en souvenir... Il suffisait donc de transformer Erunteva en véritable fille d'artisan, le temps du comptage et que les choses rentrent dans l'ordre. Toph s'occupa de lui trouver des habits adéquats et à sa taille, tandis qu'Onrio et elle cherchèrent un endroit tranquille pour effectuer la métamorphose de la jeune fille. Habillée d'une splendide robe rouge sombre lacée et enrubannée d'écru, chaussée de délicats souliers féminins, coiffée de façon distinguée, ses longs cheveux aux reflets cuivrés – bouclés par le vent et l'humidité – tombant sur ses épaules en cascade ébouriffée par la brise qui parcourait le campement, une grande mèche de cheveux dissimulant habilement sa cicatrice trop aisément identifiable. Elle avait aussi repris des attitudes de jeune fille, laissant de côté ses manières masculines et brutes. Le bandit était méconnaissable! Et plutôt pas mal apparemment, au vu des regards qui s'attardaient à présent sur elle... Il fallait dire aussi que le sport conserve et avait développé ses muscles, affinant sa silhouette, sans compter que vivre dans la nature et sur les routes lui avait donner un petit côté sauvage dans son attitude, ineffaçable et inimitable, qui retenait l'attention.

Elle se fit enregistrer, comme les autres, et passa inaperçue dans la foule. Mais c'était sans compter l'intervention de Yoren. Dès qu'il la vit, le jeune homme perdit d'abord tous ses moyens, puis se reprit, tenta de parler, bafouilla, et retrouva enfin un peu de dignité en prenant la jeune fille dans ses bras, comme l'amie dont il avait craint chaque jour d'apprendre la mort, depuis qu'elle avait re-disparue. La jeune fille, déjà moins à l'aise, du fait de sa tenue, ne su pour une fois que répondre. Elle laissa échapper un « Heeuu... » sans réagir d'avantage... Au bout d'un temps, un peu mal à l'aise, elle le repoussa gentiment. Il faillait qu'ils s'expliquent. En effet, Yoren connaissait le nom de Maeron (surnom qu'il avait lui-même donné à la jeune fille étant enfant), et s'il n'avait peut-être pas fait le lien entre Era et le fameux criminel d'Al-Vor, il ne fallait absolument pas qu'il prononce ce surnom ici en cet instant.
Elle l'emmena donc à l'écart, geste ne manquant pas de faire virer à l'écarlate les joues du jeune homme. Le garçon écouta son récit, un peu – complètement – éberlué d'apprendre que sa douce mais espiègle amie d'enfance était en vérité devenue un bandit de renommée impériale et dont la réputation n'était plus à prouver.


- Yoren... Je suis désolée que tu l'apprennes ainsi. ...  Mais il ne faut absolument pas que tu m'appelles autrement que par mon prénom. Surtout devant un quelconque membre représentant l'autorité.

- ...

- J'espère ne pas avoir perdu ton amitié par ces révélations... Elle m'est aussi précieuse que la liberté. S'il te plait, ne trahis pas mon secret. Parce que je ne pourrai me résoudre à te faire taire, comme je ne pourrai tolérer de me laisser emprisonner... Je place ma confiance en toi.

- Je... Je ne te trahirai pas. Je vais essayer de ne plus t'appeler comme je l'ai toujours fait. ... Je suis heureux de savoir que tu vas bien et que tu as su te débrouiller pour rejoindre le camp en sécurité... mais j'ai besoin de réfléchir un instant.

- Je comprends.

Elle s'éloigna de quelques pas... se retourna:

- Yoren...

Il leva la tête...

- Merci...

Sans attendre de réponse, elle le laissa à ses réflexions et disparu en se faufilant entre les tentes. Elle passa le reste de la journée à déambuler dans le campement, à réfléchir elle aussi, tout en apprenant certaines choses sur la vie des réfugiés, les personnes « importantes », et toute une série de petits détails que se devait de savoir une vraie résidente...

Trois bons quarts d'heure plus tard, elle rejoignit sa sœur pour commencer son installation dans la tente commune. Affaire rondement menée, ses maigres possessions étant pour la plupart restées dans sa planque sylvestre hormis ses habits de voyage de nuit, qu'elle portait au moment de l'attaque, sa fidèle épée bâtarde (qu'elle avait été contrainte de cacher sous son couchage), et son couteau de chasse – qui ne la quittait jamais – et qu'elle portait désormais lacée à son mollet droit, dissimulé sous sa nouvelle robe longue et ample.
Les deux demoiselles furent ensuite rapidement rejointes par Onrio et Yoren. Ce dernier avait réfléchit, puis beaucoup discuté avec le fiancé de Toph, qui lui était au courant depuis un moment déjà, et avait semble-t-il fini par comprendre, ou tout du moins accepter la situation. C'est d'ailleurs lui, en aîné dévoué, qui proposa au petit groupe d'aller voir s'ils pourraient trouver quelques vivres, fort bienvenues après toutes ces émotions de la fin de matinée, et décida du départ de la troupe qui se mit alors en quête des réserves culinaires du campement...

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Dernière édition par Erunteva Ervil le Lun 28 Fév 2011 - 13:02, édité 1 fois
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Emrys Til' Lleldoryn



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Dim 27 Fév 2011 - 23:11

Monté sur son fidèle destrier, l'expression aussi funeste que la mort elle-même, le capitaine Emrys Til' Lleldoryn circulait dans le camp des réfugiés, organisant un recensement hâtif des alaviriens présents, faisant fouiller tente après tente pour faire saisir la moindre arme de guerre. L'officier ignorait s'il demeurait le moindre mercenaire du Chaos en vie dissimulé parmi les réfugiés, mais il ne comptait pas leur laisser la moindre chance et se montrait particulièrement implacable, n'hésitant pas à recourir à des moyens que d'aucuns auraient jugé excessifs. La princesse Buhuna Sil' Alfian, elle-même, aurait sans doute interdit leur mise en oeuvre, si elle avait été sur le terrain auprès de son vieil ami...

En l'occurrence, elle était installée dans ses appartements à la Citadelle, entourée de ses gardes du corps, afin de se rétablir de la blessure qu'elle avait reçue. Une fois qu'il s'était assuré que sa protégée était hors de danger, Emrys était revenu diriger les opérations dans le camp des réfugiés et ses ordres en faisaient sourciller plus d'un. Les soldats n'étaient pas enclins à outrepasser certains droits élémentaires que la loi impériale conférait aux alaviriens, mais le capitaine de la Garde impériale avait décrété la loi martiale au nom de la princesse, se dotant ainsi des pleins pouvoirs, et il aurait appliqué lui-même ses ordres si ses soldats lui avaient fait défaut. Aussi, inspectait-il personnellement chaque tente, accompagné d'un détachement de soldats, afin de débusquer le moindre mercenaire du Chaos ou le moindre complice. La moindre erreur commise par ces derniers se paierait au prix fort.

Parvenant devant une nouvelle tente, il en fit sortir tous les occupants et les fit aligner en bon ordre sous la garde de soldats triés sur le volet. A son ordre, quelques-uns d'entre eux pénétrèrent dans la tente et se mirent à la fouiller méthodiquement, avec autant d'égards que possible. Emrys ne leur avait pas ordonné d'opérer la fouille en douceur, mais il s'abstint de tout commentaire en la matière, car il était conscient de frôler les limites éthiques des soldats sous ses ordres. Un soldat en ressort quelques temps après, une épée bâtarde engainée entre les mains. Echangeant quelques mots rapides avec l'homme, le demi-Faël apprit que l'arme était soigneusement dissimulée dans un couchage, en compagnie de vêtements de voyage susceptibles de convenir à de discrètes activités nocturnes. Tournant sa monture vers les réfugiés alignés, l'officier interrogea d'une voix froide en désignant l'arme de son doigt :


- Auquel d'entre vous appartient cette épée de guerre?

Devant le silence ambiant, il ajouta :

- Personne ne s'avance pour réclamer son bien? Peu importe, nous verrons cela plus tard.

Mettant pied à terre, Emrys alla alors s'installer dans la tente et fit défiler l'un après l'autre chacun des occupants afin qu'ils se dévêtissent, de gré ou de force, dans le but avoué de mettre au jour la moindre blessure ou cicatrice suspecte. Jusqu'à présent, les occupants étaient de solides alaviriens en bonne santé, mais aucun d'entre eux n'avaient de marques susceptibles de les identifier comme mercenaires du Chaos. Vint finalement une jeune femme vêtue d'une robe rouge enrubannée d'écru qui fut des plus récalcitrantes à se dévêtir avant de finalement céder face à la menace d'être dévêtue de force par les soldats. S'approchant d'elle, le demi-Faël l'examina froidement, sans laisser échapper la moindre émotion, et constata plusieurs étrangetés : pour une artisane, la demoiselle avait une musculature curieusement développée, outre des cicatrices similaires à celles qu'un homme d'armes peut acquérir durant sa vie. Sans mentionner le couteau de chasse qu'elle avait attaché à son mollet... nullement un réflexe que l'on attendrait d'une artisane ordinaire. Sans le moindre commentaire, Emrys la laissa néanmoins se rhabiller sans cesser de la dévisager avant de sortir de la tente, suivi de cette jeune femme nommée Erunteva Ervil.

Une fois à l'extérieur, le capitaine de la Garde impériale fit signe à un soldat de lui remettre l'épée bâtarde. Se tournant vers Era, il eut un étrange sourire et lui tendit l'arme en murmurant :


- Il te faudra plus qu'une robe, fut-elle jolie, pour m'abuser, Maeron d'Al-Vor.

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Erunteva Ervil



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Lun 28 Fév 2011 - 2:21

Après la fouille corporelle qui l'avait déjà mise dans des états pas possibles, proches de la rage animale, et durant laquelle elle avait eu un mal fou à se contrôler un tant soit peu, la dénonciation de sa double identité murmurée par le Capitaine à son oreille avait stoppé net son cœur un instant. Bref moment durant lequel elle avait cru mourir, puis se reprenant très vite et ne laissant rien voir de son agitation intérieure, elle avait relevé la tête pour dévisager le maître d'arme, outrepassant la convenance due à son rang par une simple artisane. Fixant son regard dans le sien, elle trouva une parade qui pourrait lui faire gagner de précieuses minutes. Elle avait discerné malgré sa colère la gène des soldats pendant l'inspection physique. Elle savait que le Second de la Princesse, s'il n'outrepassait pas forcément ses droits, jouait dangereusement avec la loi, et avec le sens éthique (assez exacerbé dans l'armée) de ses hommes. Si elle jouait cet atout habilement, il lui suffirait peut-être d'enfoncer le clou pour se sortir de cette mauvaise passe...
L'homme lui tendait toujours sa lame, pommeau vers elle, bien en évidence, guettant peu discrètement sa réaction. La jeune femme, farouche, laissa le geste du militaire en suspend. Et à la place de saisir légitimement son bien, exposa sa situation d'une voix douce et féminine, mais qu'elle savait assez forte pour que tous l'entendent et soient témoins de la scène.


- Monsieur! Que dites-vous?! Me prendriez-vous pour quelqu'un d'autre? Je me nomme Erunteva, fille de Lee Ervil. Je vous ai pourtant déjà expliqué tout cela. Oui, je l'avoue, cette arme m'appartient. C'est un cadeau de mon père, qui est un forgeron renommé, dans ma contré natale comme dans le reste de l'empire. Il me l'a donné pour assurer notre protection, à ma sœur et moi-même, et si je l'ai cachée, c'est parce que j'ai pris peur que vous nous enleviez cette seule défense qu'il nous reste à toutes les deux. Ce seul souvenir peut-être de notre père, dont nous n'avons plus aucune nouvelle depuis notre fuite du village...

Elle mentait avec un aplomb et un naturel peu commun, et insoupçonnable venant d'une jeune fille si bien élevée... Cependant, si l'assistance semblait boire ses paroles comme du petit lait, elle pressentait que ça ne suffirait pas à duper l'homme aux cheveux blancs. Néanmoins, il fallait qu'elle s'en tienne à son rôle, ou tout serait fichu.
Devant l'absence de réponse du Capitaine, elle se vit contrainte de poursuivre...


- Capitaine Til'Lleldoryn... Au nom de notre famille, dont je suis l'ainée, je vous supplie de reconsidérer plus honnêtement la situation. Il est vrai que j'ai reçu de mon père l'éducation de forgeron, et je vous accorde l'évidence que c'est un fait inhabituel, mais ne voyant pas se profiler de fils, mon père a préféré former sa fille ainée que de voir son art et son nom disparaitre avec lui. Ceci expliquant toutes ces cicatrices que vous avez pu constater vous-même. Si mon père me forma bien, je ne fus pas une brillante apprentie hélas... Comment avez-vous pu croire de moi, qui sait à peine manier une lame que pour juger de son équilibre, les actes qu'on implique à ce bandit de grand chemin? Je ne suis même pas un homme, comment ressembler à celui-là!?...

Le Capitaine, toujours silencieux, sortit alors un " avis de recherche " d'une sacoche de lin. Il lut ensuite la description de manière appliquée, sans aucune intonation particulière. Il insista juste sur quelques phrases, désignant des blessures aisément identifiables et renseignées extrêmement précisément, et insista plus notamment encore sur la marque lui barrant le visage et le souvenir d'une flèche dans l'épaule. Une fois cela fait, il accola le portrait du criminel au visage de la jeune fille le temps que tous (les soldats du moins) puisse juger de la ressemblance. Elle allait répondre en argumentant un coup du sort, le hasard... lorsqu'il se décida enfin à parler. Ce fut sur un ton de défi qu'il lança à la jeune fille rebelle:

- Dois-je à nouveau vous faire ôter de force votre robe pour montrer la cicatrice que je viens de citer?

Devenue blanche, elle abandonna d'instinct son masque cordial de bonne petite artisane et Maeron apparu soudainement démasqué aux yeux de tous. Entre ses mâchoires crispées par la fureur contenue à grand peine, elle laissa échapper:

- Essaie seulement, lâche!
...
... Parricide! ...


Murmure glacé uniquement entendu par le seul concerné. Cette insulte, choisie avec soin pour être la plus douloureuse possible, ne calma pas la colère incontrôlable de la jeune femme qui s'était baissée, avait dégainé son couteau et s'était redressée en un temps record, avançant dans le même mouvement vers l'homme qui l'avait provoquée. Celui-ci, figé par le trait de son ennemi, avait le regard plus glacé que les neiges éternelles de la Chaîne du Poll. Et ses mains crispées sur la dernière attache d'Era au camp. Pointant sa lame vers l'homme redoutable, qui se laissa pourtant faire, elle se pencha à son oreille pour y susurrer, sur un ton monocorde envoutant, des paroles rapides, parfois insultantes, parfois d'une simple froide logique, dictées par la hargne, la soif d'en découdre,... et la ferme intention d'éloigner tous ceux que cette histoire ne regardait pas ou plus.

- J'ai beaucoup appris sur toi, Emrys Til'Lleldoryn... Tu es mon ennemi le plus sérieux, à part Edwin Til'Illan... Il serait dommage que tes secrets soient révélés au grand jour avant que tu ne me fasses définitivement taire... D'autant qu'il me suffirait en cette instant de raffermir ma prise pour t'infliger le même sort... Mais vois-tu, insignifiant soldat, je ne suis pas qu'une description sur une fiche, ou une légende urbaine, et contrairement à toi j'ai des principes... Donne-moi ma lame et je partirai. Libre à toi de tenter de me suivre ou non... Je sais que tu ne crains pas ou peu pour toi-même... Et je sais aussi pour qui et pourquoi tu trembles « en secret ». J'ai vu le regard qu'elle t'a jeté à l'entrainement. Est-elle morte au fait? Donne-moi mon épée. Tiens... ça doit valoir beaucoup d'or comme information... Et je suis sûre qu'il y aurait foule pour l'acquérir... Si on voyait ce que ça donne sur de simples villageois, tu veux?... Donne-moi ma lame. Et laisse-moi décamper!

Sur-ce, elle arracha le fourreau des mains de l'officier, qui avait desserré sa prise, et fila dans son dos. En chemin, elle vola un cheval harnaché (sans doute une possession militaire) et le lança à travers bois vers les montagnes, non sans avoir la certitude d'être poursuivie par son probable futur assassin...

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Emrys Til' Lleldoryn



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Lun 28 Fév 2011 - 16:52

Si Emrys Til' Lleldoryn s'était attendu à une réaction de la part de Maeron, jamais il ne serait attendu à une telle attaque, même dans ses estimations les plus pessimistes. La jeune femme était par trop intelligente et observatrice, le demi-Faël était devenu livide à la mention de " parricide " ou à l'allusion sur Buhuna et sa colère affectait ses facultés. Distrait, déstabilisé, il n'avait pas anticipé sa fuite, ne pensant qu'à la tuer pour se protéger, pour protéger Buhuna. Jamais il n'avait pensé que Maeron d'Al-Vor pouvait représenter un danger pour lui, mais il ne commettrait plus l'erreur de la sous-estimer...

Ordonnant, de manière assez véhémente, à ses soldats de garder leurs postes et de surveiller les occupants de la tente, Emrys bondit sur sa monture et la lança au grand galop pour rattraper Maeron. Elle avait mis le doigt sur certaines de ses faiblesses, elle était parvenue à percer certains de ses secrets, il fallait donc la réduire au silence, d'une manière ou d'une autre. Une chance pour le demi-Faël, son puissant destrier était une excellente monture et il gagnait du terrain sur sa cible. Néanmoins, la course à travers bois était une manoeuvre dangereuse et le capitaine de la Garde impériale ne se sentait pas un cavalier suffisamment compétent pour oser pousser davantage son destrier et réduire la distance. Par ailleurs, Maeron avait commis une erreur : jamais elle ne parviendrait à semer son poursuivant dans les montagnes qu'il connaissait bien. Les Til' Lleldoryn ont toujours maintenu leur lien avec les Marches Frontalières et le demi-Faël ne faisait pas exception à cette tradition familiale. Dès lors, il mettrait à profit une fois encore l'exceptionnel entraînement et lien qu'il partageait avec son destrier pour ne pas lâcher Maeron d'un sabot pendant que lui-même escaladerait la montagne pour la devancer et lui tendre une embuscade improvisée.

Il fallait bien avouer, le Chantelame avait pris un énorme risque avec cette entreprise. Escalader une falaise en toute hâte n'était pas sans dangers, même pour un homme maîtrisant certaines techniques des marchombres : plusieurs fois, il s'en était fallu de peu qu'il ne chute dans le précipice avec la garantie d'une mort assurée. Aucun Frontalier n'aurait jamais pris un tel risque, considérant une telle manoeuvre comme suicidaire, et Emrys les comprenait parfaitement. Fort heureusement pour lui, ce soupçon de chance qui transforme des hommes ordinaires en héros était avec lui et il surgit presque sous les sabots de la monture volée par Maeron. Il n'eut que le temps de dégainer Katell et de frapper la jeune femme du plat de sa lame pour la désarçonner. Récupérant son souffle pendant que Maeron tâchait de reprendre ses esprits et de se relever, Emrys sentait sa colère atteindre son paroxysme : il avait évité la mort de justesse, tout cela pour neutraliser la menace que représentait une criminelle inconsciente des enjeux de cette guerre civile.

De sa voix glaciale à présent peu maîtrisée, il dit alors :


- Il aurait été plus sage de te taire et d'obtempérer, Maeron d'Al-Vor, au lieu de t'ériger en menace pour la princesse Buhuna Sil' Alfian. Meurs à présent...

Tel l'ange noir de la Mort, Emrys s'avança, son épée en main, funeste, implacable, et déterminé. Esquivant un moulinet maladroit de Maeron qui visait à le faire reculer le temps qu'elle se relève, le demi-Faël lui asséna un violent coup de pied en plein visage, la renvoyant au sol sans autre forme de procès. D'un autre coup de pied vif, il la désarma, frappant au poignet de sa main d'épée qui, s'il ne fut pas brisé, ne put maintenir sa prise sous le choc. Se penchant pour saisir Maeron par le col et la relever de force, cette dernière, retorse, tenta de le poignarder avec son couteau de chasse. Le demi-Faël bloqua l'attaque de justesse, l'agrippa à la gorge de sa main droite, et la souleva en l'étranglant par la seule force de son bras, force décuplée par la rage. Néanmoins, dans son aveuglement, il avait commis l'erreur de ne pas la désarmer...

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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Lun 28 Fév 2011 - 23:34

Comme une apparition inexpliquée, la silhouette du maître d'arme se découpa soudain en travers de sa route. Son cheval stoppant net, elle manqua de vider les étrillers mais fut à la place violemment projetée en arrière par le plat de la lame de son ennemi. Sonnée, et quelque peu étonnée de ce geste de la part d'un homme qui venait de lui juré sa perte, elle tenta vainement de le mettre à distance par un mouvement de sa propre lame, qu'elle n'avait même pas eu le temps de dégainer, alors qu'il avançait déjà sur elle, prêt à honorer son serment. Sans surprise, sa tentative échoua et elle reçut à la place un coup puissant du talon de l'homme en plein visage, ce qu'il l'envoya une nouvelle fois au sol, face contre terre.

Elle avait du mal à faire fonctionner son cerveau. Ses réflexes étaient amputés de leur rapidité indispensable et elle n'en menait pas large... Une douleur imprévue irradia alors de son poignet droit, qui sous le choc lâcha le manche de son épée. Un liquide chaud coulait le long de son visage depuis son arcade sourcilière et de son nez, probablement cassés par les coups reçus. Elle se sentait en très mauvaise posture et commençait à craindre son futur proche... Le guerrier la ramassa ensuite par le col et la soutint à quelques centimètres du sol, poing serré autour de la gorge de la jeune combattante. Elle avait esquisser un mouvement peu calculé de son bras gauche, où elle tenait fermement serré son couteau de chasse, sa dernière défense sérieuse... L'homme repoussa l'attaque mais étrangement (sans doute était-il aveuglé par sa propre rage) n'essaya même pas de lui ôter son arme. Son bras retomba dans le vide.

Elle manquait d'air... Elle réalisa alors qu'il lui restait une chance: son couteau. En effet, son bras était libre de tout mouvement, le Capitaine ayant neutralisé uniquement sa main d'arme (la croyant sans doute droitière) et la maintenant à présent de son propre bras droit, se coupant toutes possibilités de contrattaque de ce côté. Elle bougea légèrement les doigts, assurant sa prise... Elle allait le tuer, ce chien galeux d'aristocrate qui se croyait tout permis!... Elle leva le bras, mettant ses dernières forces dans ce geste désespéré... frôla la gorge de son agresseur... mais au dernier moment se ravisa et transforma son geste en mouvement circulaire (laissant une légère entaille, plus fine qu'une coupure de papier, au niveau du cou), faisant glisser sa lame le long du bras qui la soulevait, y traçant une longue estafilade sanglante, plus douloureuse que critique, mais qui suffit néanmoins à sa victime de déclencheur, et l'homme lâcha précipitamment sa captive, retirant son bras et le repliant contre lui, de manière à le protéger. Era tomba lourdement sur le sol, se blessant à la hanche, ce qui compromettrait nettement par la suite une tentative de fuite. Emrys, surpris, s'était éloigné et Maeron put reprendre son souffle avant la prochaine offensive.

La voix rauque, le souffle court, elle se permit même de souligner son geste auprès du militaire.


- Tu vois...?... Je ne...veux...pas te...te tuer...!... Je ne l'ai...jamais...voulu.

Haletante, elle se redressa, encore chancelante, plusieurs de ses membres refusant catégoriquement de lui obéir. Elle poussa le vice et repris la parole, dans l'intention de calmer le jeu.

- On est...dans le même...camp, toi et moi.

A ces mots, la mine du Capitaine se renfrogna et ses traits se durcirent de nouveau. Réaction non souhaitée, Era se décida à faire la seule chose qui lui restait à faire, vu son propre état, dans un cas pareil... présenter des excuses.

- Ecoute... Cap'taine,... je suis...désolée de m'être emportée...tout à l'heure. Je voulais juste...que les autres...reste en...dehors. De tout ça. ...

Elle récupérait lentement ses capacités. Era ne mentait pas, elle détournait bien parfois la vérité à son avantage, quand elle était en mauvaise posture avec la loi, mais elle avait rarement été aussi franche qu'en cet instant, face à cette homme qui maintenait pourtant sa vie en son pouvoir. Elle ne s'y trompait pas: s'il décidait de reprendre l'assaut, elle n'aurait aucune chance. Mais cela ne comptait plus vraiment pour elle. Et puis elle préférait mourir libre que vivre dans une cage.

- La princesse... Je ne suis pas une...menace. Jamais. ... Je l'ai vue... C'est...quelqu'un de bien. Tue-moi si tu le veux et...et finissons-en! Mais pas pour ça. ... Ni pour l'autre...chose. Je n'aurais jamais...du, non plus. ... Je sais trop bien ce...qu'on ressent...quand on abandonne un ami à...à la...

Sa voix se brisa.
Mais ce n'était pas par manque de souffle cette fois. Une fêlure en elle s'était rouverte quant elle avait voulu blesser son adversaire. Et elle regrettait d'avoir osé lui jeter au visage une atrocité qu'elle avait elle-même été contrainte de commettre un jour.

Elle le dévisagea, le regard trouble. Il s'approchait. Épuisée d'avoir tant parlé si proche de l'asphyxie, elle tomba à genoux. « Je ne suis plus de taille... L'ai-je seulement été?... » songea-t-elle alors. La tête lui tournait. Danger ou non, elle allait sombrer... Elle ne voulait pas finir en prison, et n'accorderait pas non plus au militaire l'insigne honneur de la tuer. Dans sa main se trouvait toujours son couteau de chasse, fidèle ami, présent d'un être à qui elle devait la vie... Un étrange sourire aux lèvres, elle observa l'arme, toujours aussi affutée qu'aux premiers jours...


- Quel étrange coup du sort... murmura-t-elle pour elle-même.

Puis, retournant la lame vers elle-même, elle prit de l'élan et visa son propre ventre.

Entre temps, l'homme était arrivé à sa hauteur. Tête baissée, elle n'avait pu le voir. D'un coup de pied fulgurant, il expédia le couteau à plusieurs mètres de distances du cercle de combat, puis, du pommeau de sa longue épée, lui assena un coup rude dans la nuque, qui envoya définitivement la jeune fille au pays des rêves. Maeron écarquilla les yeux. Puis tomba.
Et ce fut le noir complet.

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Emrys Til' Lleldoryn



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Mar 1 Mar 2011 - 20:07

Rengainant aussitôt Katell, Emrys Til' Lleldoryn observa pensivement Erunteva Ervil, mieux connue sous l'identité de Maeron d'Al-Vor, se demandant ce qu'il allait faire d'elle. Elle était parvenue à le déstabiliser suffisamment au point d'en oublier toute prudence, cédant aux émotions sa redoutable intelligence qui faisait de lui un brillant officier et l'un des meilleurs épéistes de Gwendalavir. Le demi-Faël aurait pu la tuer, l'exécuter sans procès pour les crimes qu'elle avait commis, mais il n'en ferait rien. Un tel talent, ce serait dommage de le donner à la Faucheuse quand il pouvait servir la cause de Buhuna.

- Tu échapperas à la justice impériale, Erunteva Ervil, mais tu te soumettras à la justice des Chantelames, sois-en certaine.

Une fois rejoint par son fidèle destrier, Emrys s'évertua à soigner sommairement son bras en le pansant. La blessure était douloureuse, mais cela suffirait pour l'heure. Ramassant l'épée d'Erunteva, il la rengaina dans son fourreau, qu'il accrocha à la selle de sa monture. Quant au couteau de chasse, il en nettoya la lame avant de le fourrer, engainé, dans ses fontes ; desquelles il tira une paire de menottes. La jeune femme n'aurait pas besoin de ses armes, les lui laisser pouvait même s'avérer dangereux et ne pas l'entraver était exclu pour le moment. Une fois qu'il lui eut passé les menottes aux poignets, le demi-Faël ranima la jeune femme, ce qui prit un certain temps. Une fois qu'elle fut réveillée, il se releva et l'observa attentivement avant de le relever elle-même, toujours étourdie, et de déclarer de manière sentencieuse :

- Maeron d'Al-Vor, Erunteva Ervil de ta véritable identité, par les pouvoirs qui me sont conférés par la princesse Buhuna Sil' Alfian, légitime héritière du Trône impérial de Gwendalavir, je te condamne à vivre, à une vie de rédemption pour les crimes que tu commis par le passé.

S'interrompant quelques instants, il reprit ensuite sa sentence :

- Soumets-toi volontairement à cette sentence, tu conserveras ton nom et tu serviras la princesse Buhuna Sil' Alfian et le Trône impérial de Gwendalavir avec l'espoir de regagner un jour ton honneur et ta liberté. Refuse de t'y soumettre, tu perdras ton nom et tu seras officiellement déclarée morte, exécutée suite à la sentence d'un tribunal impérial, par un héraut en place publique. Une nouvelle identité te sera donnée et tu serviras secrètement le Trône impérial jusqu'à ton dernier souffle, sans nul espoir de revoir un jour ta famille et tes proches.

A nouveau, il s'interrompit afin de laisser à la jeune femme le temps de saisir les implications de ce jugement avant d'achever :

- Tu connaissais les risques d'une vie vouée à enfreindre la loi impériale, ta sentence devrait être une exécution publique. Mesure ta chance, délibère en âme et conscience, et choisis. Sois avertie, toute tentative d'échapper à cette sentence sera sanctionnée de mort. Que choisis-tu, Erunteva Ervil?

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Erunteva Ervil



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Lun 14 Mar 2011 - 1:37

Elle fut réveillée rudement par... un vieil homme? De jolies petites étoiles dansaient devant ses yeux. Sa vue, encore trouble, et ses sens engourdis lui donnait une image étrange du monde qui l'entourait. Reprenant peu à peu pied dans la réalité, elle sentit que quelqu'un venait de la soulever pour la faire tenir debout. Ses membres endormis la rendait instable et l'homme – était-ce bien un homme? – dû la maintenir un instant.

Ses souvenirs récents revenant lentement avec son état de conscience, la douleur en profitant hélas pour en faire de même, elle se rappela le combat, par trop inégal, et porta une de ses mains à son visage pour tenter d'en ôter délicatement le liquide poisseux qui lui couvrait les yeux et la bouche. Etrangement, sa deuxième main avait involontairement suivi, sans qu'elle ne sache tout d'abord pourquoi, avant qu'elle ne comprenne, à grand renfort de concentration (tâche ardue vu la terrible migraine qui irradiait son crâne), qu'elle avait été entravée de menottes. Elle s'aperçut également qu'elle avait la tête trempée et de nouveaux bleus qu'elle n'avait pu recevoir au combat, marques sans doute non-étrangères à son réveil prématuré. L'homme, qui avait semblait-il décidé de la laisser en vie, lui parla alors sur un ton sentencieux. Sur le coup, elle ne comprit pas grand chose si ce n'est qu'elle ne devait sa vie au gradé uniquement parce que celui-ci comptait l'utiliser pour arriver à ses fins.

Lorsqu'il se remit à parler, elle était un peu moins groggy et son esprit sortant des brumes vaporeuses et sombres de l'inconscience pu saisir la porté des mots suivants. L'homme semblait frustré et n'avait visiblement pas fini de l'engueuler, songea-t-elle en une morne pensée.


- Soumets-toi volontairement à cette sentence, tu conserveras ton nom et tu serviras la princesse Buhuna Sil' Alfian et le Trône impérial de Gwendalavir avec l'espoir de regagner un jour ton honneur et ta liberté. Refuse de t'y soumettre, tu perdras ton nom et tu seras officiellement déclarée morte, exécutée suite à la sentence d'un tribunal impérial, par un héraut en place publique. Une nouvelle identité te sera donnée et tu serviras secrètement le Trône impérial jusqu'à ton dernier souffle, sans nul espoir de revoir un jour ta famille et tes proches.

Son honneur? Sa liberté? Comment osait-il s'arroger quelconque droit sur sa vie et son être?! Elle avait toujours agit au mieux et avait bien moins de morts à se reprocher que ce prétentieux assassin professionnel qui avait eu le chic d'être couvert par son rang et son grade pour ses crimes, lui. Il venait d'ailleurs tout juste de s'empêcher d'en ajouter un à sa collection qui, elle en était certaine, devait pouvoir constituer un livre épais comme un registre impérial! Elle seule avait pouvoir sur son honneur. Nul autre ne pouvait le lui ôter, ni plus ni moins le lui rendre qu'elle-même. Si elle ne s'était retenu, elle lui aurait craché au visage. Mais l'heure n'était plus aux enfantillages...

Elle savait qu'il attendait. Cependant, elle savait aussi que l'homme la garderait en vie, quoi qu'il advienne. De plus, elle se doutait qu'il devait y avoir des sortes d'interrogatoires suite à l'attaque (auxquels elle n'échapperait sans nul doute pas) et qu'elle avait au moins un peu de temps devant elle pour réfléchir à la manière de se sortir de cette impasse bourbeuse...


- Tu connaissais les risques d'une vie vouée à enfreindre la loi impériale, ta sentence devrait être une exécution publique. Mesure ta chance, délibère en âme et conscience, et choisis. Sois avertie, toute tentative d'échapper à cette sentence sera sanctionnée de mort. Que choisis-tu, Erunteva Ervil?

Ne sachant trop que répondre et n'ayant aucune envie de discuter avec son geôlier provisoire, elle garda ostensiblement le silence. Ce manque de réponse eu le don d'exaspérer d'autant plus l'homme d'arme qui lui assena une gifle, comme un père fâché l'aurait fait à sa petite fille capricieuse.
Blessée dans son orgueil autant que dans ses chairs, elle persifla:


- Va donc, pleutre! Maltraiter un ennemis pris et presqu'à terre!... Quel courage! Quelle gloire! ...

Cela lui valu une autre gifle, plus violente cette fois, qui la fit tomber. Entravée, elle heurta le sol abruptement et ses mains menottées percutèrent son visage dans la chute. Ses blessures, aux cicatrices encore fragiles, se rouvrirent et saignèrent assez abondamment. Cette fois-ci, elle ne put se retenir et cracha sa haine et son sang sur le protecteur impérial. Le regard qu'elle lui lança aurait figé un ours élastique en pleine course. Mais les ours élastiques avaient plus de sentiments que le guerrier à qui elle tenait tête. A cette idée, elle se calma d'elle-même. Inutile de continuer, elle devait s'avouer prise et se rendre, tant à l'évidence qu'à cette homme. De toute manière, il devait la ramener à la Citadelle, elle en était quasi certaine.

Elle prit appuis pour se relever. Bizarrement, le Capitaine s'approcha _ sans doute avait-il des remords? _ , elle recula aussitôt. Il s'arrêta. Elle se releva seule et pris encore de la distance, sans pour autant vouloir s'enfuir. Elle alla se placer d'elle-même derrière la monture du noble et tendit alors ses mains vers lui. Il allait la ramener, dans tous les cas, c'était la procédure. Patiente, elle attendit une réaction de la part du militaire mais il ne bougea pas. Toujours muette, la rebelle attendait, debout, immobile, boudeuse et/mais digne. Lorsque l'homme, qui s'était bien gardé du moindre geste depuis le dénis de son aide de la part de la jeune fille, dissimulant ses pensées derrière un masque d'indifférence, se décida enfin à approcher, elle le toisa de haut en bas et prononça simplement une phrase, sans plus d'intonation que le vide de son cœur ne lui laissait de sentiment:


- Va! Rentre « triomphant »...

Elle avança alors d'un pas, un seul, les mains toujours tendues, bien en évidence devant elle:

- Fais donc ton office, Soldat.

S'adressant au haut gradé, elle insista tout particulièrement sur le dernier mot, maintenant son regard rivé au sien.
Prête.
A tout.

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Emrys Til' Lleldoryn



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Ven 18 Mar 2011 - 1:40

Il était rare pour Emrys Til' Lleldoryn de perdre autant contrôle de lui-même, lui qui avait été élevé selon un vieux précepte chantelame :

" Le succès du Chantelame est à la mesure de la clarté et de la faculté d'analyse de son esprit."

Iorweth Til' Lleldoryn avait fait de lui un homme glacial avec une maîtrise prodigieuse de ses émotions, l'ultime assassin. Jamais il n'avait eu le choix de sa destinée, elle lui fut imposée dès ses premiers pas et le vieux chantelame avait veillé à ce qu'il n'en dévie pas. Emrys avait été conditionné, fanatisé afin de tenir le rôle attendu de lui et il en était parfaitement conscient, ce qui le rendait d'autant plus amer et désabusé. Erunteva Ervil avait simplement prononcé la parole de trop, il éclata d'un rire fou, véhément, et se lança dans sa diatribe ténébreuse :

- Mon office? Tu ne crois pas si bien dire! tu ne crois pas si mal dire! Tu me hais, tu me méprises parce que je t'ôte ta précieuse liberté à cause de tes actes! Est-ce ma faute si tu n'as pas su préserver ta liberté, Maeron d'Al-Vor, toi qui a joui d'une chance inouïe!?! Je suis né esclave de ma propre famille, je suis né enchaîné à une destinée que je n'ai pas choisie! Mon propre oncle a fait de moi un assassin froid et sans émotions, un pion sur l'échiquier d'une guerre secrète à laquelle je n'ai jamais choisi de prendre part, un esclave asservi à la destinée de la lignée des Til' Lleldoryn et condamné à défendre et à préserver un héritage et des traditions séculaires.

Emrys, plus véhément que jamais, s'approcha d'Erunteva, la saisit au col, la dévisagea de son regard à présent fou et tourmenté pour poursuivre sa tirade véhémente.

- Tu ne sais rien de moi! Depuis mon enfance, je manipule, je menace, j'intimide, je torture, je tue et j'assassine pour préserver l'intégrité et l'unité de l'Empire de Gwendalavir et du trône impérial parce que je suis le dernier descendant encore en vie de Valen Til' Lleldoryn, le Premier des Chantelames! Mon légendaire ancêtre qui a fait le choix de préserver Gwendalavir pour le plus grand Bien et qui a transmis la pomme empoisonnée de sa vision et de son savoir à ses descendants! Cela fait près de mille cinq-cent ans que ma lignée se dévoue inlassablement à cette quête, faisant sien les ennemis menaçant Gwendalavir, et, parce que je suis le porteur des derniers espoirs de ma lignée, j'ai été damné depuis ma naissance! Mon âme a été sacrifiée sur l'autel des Alaviriens et ma vie toute entière ne sera que ténèbres et violence!

Le demi-Faël avait prononcé ces mots en crescendo, dans une montée de colère et de violence refoulée, de dégoût et de frustration. Une montée au terme de laquelle sa voix se brisa et il relâcha brutalement sa prise sur Erunteva pour se détourner et jeter son épée Katell au loin dans un geste des plus véhéments. Son regard était dur, fou, ténébreux et mettait particulièrement mal à l'aise avec la peur qu'il inspirait... parce qu'il avait été forgé par la violence. L'impassible officier à l'expression glaciale s'était mué en la brutalité et la violence incarnées, tel un dieu de la guerre et de la destruction. Néanmoins, quelque chose s'était brisé en lui alors qu'il avait parcouru quelques pas en hurlant sa rage, il se laissa tomber sur ses genoux, des larmes ruisselant sur ses joues. Un murmure :

- Elle est telle une rayon de lumière illuminant les ténèbres de mon existence, une lumière impossible à saisir, une lumière qui ignore ma véritable nature et qui la fuirait si elle savait...

Un murmure qui se mua en un cri infini alors qu'il dégaina soudainement sa dague pour frapper :

- Pardonne-moi!

Un silence soudain, un hoquet, un tressaut. Contre toutes attentes, Emrys Til' Lleldoryn se releva et se tourna à nouveau vers Erunteva Ervil en retirant la dague plantée dans son abdomen. La blessure était profonde, mais la lame n'avait rencontré aucun organe vital alors qu'elle avait frappé pour tuer. Un grognement de douleur alors qu'il dégagea la lame de son corps. Levant les bras au ciel, il dit alors de manière désabusée :

- Tu vois? Je ne peux même pas mettre fin à mon existence.

Le sang s'écoulait lentement le long de ses bras et de son torse pour colorer le sol sur lequel il se tenait...

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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Jeu 31 Mar 2011 - 0:40

Fou. Il était fou.
Peut-être bien. Mais c'était plus que compréhensible sachant ce qu'il venait de lui apprendre.
Terrorisée, elle l'avait été, figée par son terrible regard. D'un autre côté, un espoir l'avait rassuré: il était « humain », il avait des sentiments. Et les sentiments, même négatifs, on peut toujours en tirer quelque chose, voire les guérir...

Jamais elle n'avait vu autant de souffrance contenue dans une seule personne. Comment cet homme, ce simple maître d'arme, avait-il pu vivre si longtemps avec tant de choses enfuies en lui? Ce n'était pas un simple homme d'arme, en effet. Elle ignorait pourquoi il lui avait dit toutes ces choses... Peut-être même allait-il la tuer finalement? Elle avait peur. Pourtant, elle accepterais son destin, elle ne redouterais pas la mort. Et puis elle préférerait qu'Elle vienne par lui, cette légende, que de n'importe qui d'autre. Cependant, et ce malgré la peur qui lui étreignait le ventre, c'est la curiosité qui dominait à présent parmi ses propres sentiments. Elle voulait comprendre, il ne lui était plus étranger et indifférent. Lorsqu'il s'était éloigné, murmurant à lui seul son amour impossible, les dernières barrières qui séparaient encore la hors-la-loi du Capiaine s'étaient évanouies subitement. Lorsqu'il avait hurlé, elles avaient carrément volées en éclats. Elle s'était précipitée vers lui, voulant l'interrompre. Beaucoup trop lentement. Stoppant net son approche, le son de la dague perforant les chairs de l'homme aux cheveux blancs l'avait atterré.
Le silence pesant qui avait suivit n'avait pas alléger son effroi. Puis il s'était relevé, comme si de rien n'était, s'était tourné vers elle, plus désabusé que jamais. Retirant sa lame dans un horrible bruit sanglant qui avait manqué de peu de la faire vomir, acte ne tirant rien de plus à l'homme qu'une grimace (elle aurait probablement hurlé de douleur).

L'homme resta immobile et silencieux, debout, droit, à quelques mètres de la jeune fille. Son sang s'écoulait sur le sol. Il n'avait pas l'air de s'en soucier. Comme si, absent de lui-même, il ne ressentait plus rien, pas même la douleur physique. Hésitante, Erunteva chercha son regard. Doucement, elle murmura:


- On choisit rarement son destin...

Elle laissa s'écouler un temps, perdue à son tour dans ses pensées.

- Nous ne sommes jamais libre. Jamais. Le passé fini toujours par nous détruire dans sa prison. C'est lui qui décide de notre avenir,... pas moi...
... Enfin, pas nous.


Se rendant compte de son lapsus, elle s'était reprise assez vite, mais savais néanmoins que cette erreur n'avait pas échappée au Chantelame. Ce dernier continuait de perdre lentement son sang, immobile face à la jeune captive.

Maeron, l'efficace mercenaire sans scrupule, celui de la légende, en aurait certainement profité pour achever son plus sérieux adversaire et fuir loin des Marches. Cet homme-là n'existait pas: il n'était que rumeurs. La voleuse légendaire aurait peut-être, en circonstances similaires mais savoirs different, tourné les talons, rentrant dans un de ses refuges, pour se reposer, se faire oublier, sachant que son opposant s'en sortirait seul malgré tout.
Era se refusa à partir.
Laissant sa féminité et sa douceur insoupçonnée guider ses gestes et ses mots, elle rejoint le Blesser et planta son regard nouvellement serein dans ses beaux yeux pâles qui fixaient le vide. De ses deux mains liées, elle prit la main d'arme du militaire qui pendait sans vie à son côté et y saisi délicatement la dague rougie. Ne rencontrant pas de résistance, elle lui prit la lame _ qu'elle essuya sommairement _ et la déposa loin d'eux.
La jeune fille approcha ses mains du torse de l'homme puis, hésitante, suspendit son geste. Immobile à son tour, elle tenta en vain de déchiffrer son expression puis se décida finalement à parler avant d'agir.


- Je... Tu... Hummm...
...
Il faudrait soigner... « ça ».


Elle désigna la plaie sanguinolente puis laissa retomber ses bras.

Un silence, un peu gêné.


- Je... Je m'y connais un peu en soin. ... Laisse-moi y jeter un œil s'il te plait.

Patiente et attentive, Era ne bougea plus, attendant son accord. Espérant une réponse, pas trop tardive, de la part du blessé.

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Dernière édition par Erunteva Ervil le Ven 1 Avr 2011 - 13:42, édité 1 fois
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Emrys Til' Lleldoryn



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Jeu 31 Mar 2011 - 23:37

- Heureusement qu'il n'y a pas de témoins... Maeron d'Al-Vor, célèbre hors-la-loi, qui propose à Emrys Til' Lleldoryn, capitaine de la Garde impériale, de le soigner, voilà qui ferait le tour de Gwendalavir en quelques jours et qui figurerait dans tous les ragots.

L'ironie désabusée du demi-Faël se percevait sans peine au travers de ces mots, néanmoins il laissa Erunteva examiner sa blessure d'un oeil critique et la soigner sommairement. Emrys était parfaitement apte à se soigner lui-même et il comptait le faire, mais il n'avait pourtant élevé la moindre objection à la proposition de la jeune femme. A vrai dire, il était perplexe à l'égard d'une réaction qu'il n'attendait pas venant d'une hors-la-loi. N'était-il pas un haut officier des armées impériales qui l'emmènerait comparaître devant un tribunal impérial? Il l'était, et pourtant, Erunteva ne semblait guère s'en soucier en ce moment. En fin de compte, peut-être tous deux avaient-ils plus de points communs que l'on aurait pu le penser à première vue. Toujours est-il, en son âme et conscience, Emrys Til' Lleldoryn venait de prendre une décision d'importance : il était l'éminence grise qui veillait au bien de l'Empire de Gwendalavir et du Trône impérial, mais il ne serait plus un juge. Longtemps, il avait par trop présumé de lui-même et il avait émis des sentences et des jugements en marge de la loi impériale pour ce qu'il pensait être le plus grand bien. Désormais, il laisserait au seul souverain de Gwendalavir le soin de rendre justice. Iorweth affirmait à juste titre que les Chantelames étaient nécessaires au bien de Gwendalavir, mais sa présomption de croire les Chantelames capables d'y veiller seuls était erronée.

" Le Trône impérial veille sur le peuple alavirien, les Chantelames veillent sur le Trône impérial. "

En ce jour, il lui apparut clairement que les Chantelames avaient outrepassé les préceptes du code érigé par Valen Til' Lleldoryn, ils avaient perdu leur âme dans leur ardeur à mener leur quête et ils s'étaient perdus par là-même.

- Erunteva Ervil, saisis l'opportunité, saisis ta liberté. Si tu demeures plus longuement auprès de moi, je devrai obéir à mon devoir et je t'emmènerai comparaître devant la princesse Buhuna Sil' Alfian, à la rencontre de ta destinée. Choisis.

Murmurant, il ajouta :

- Je n'avais ni le droit ni la sagesse de te juger...

Alors, il lut l'étonnement dans les yeux de la jeune femme. Etonné, il l'était lui-même. Emrys Til' Lleldoyn n'aurait jamais pensé un jour qu'il s'éloignerait des préceptes de son oncle Iorweth, préceptes qui l'avaient maintenu en vie depuis lors. Néanmoins, il était désormais temps d'en revenir aux origines, à la source, à l'essence des Chantelames. Emrys Til' Lleldoryn, le dernier des Chantelames, ne devait pas être un assassin, mais bien un protecteur.

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Erunteva Ervil



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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Ven 1 Avr 2011 - 1:13

- Je me fiche de ce que les gens pensent! Tant que je n'ai rien à me reprocher moi-même. Quant à Maeron d'Al-Vor... On me prête beaucoup d'actes injustifiés... Si j'ai fini par ne plus tenter de les démentir, c'est uniquement parce qu'ils contribuent à ma survie. Enfin... sauf dans ce cas-ci peut-être.

Elle détacha ses yeux de la plaie qu'elle avait fini d'inspecter. Derrière l'ironie, se cachait un être différent. Elle ignorait en quoi, mais il avait changé. Elle lui releva la tête pour soutenir son regard. Ses iris verts dorés se reflétèrent dans ceux bleus glacés de l'homme qui venait clairement de lui rendre sa liberté, contre toute attente et toute logique. Intriguée, la jeune fille le fixa un instant. Puis repris la parole.

- J'ai parfaitement compris où tu voulais en venir, seigneur Til'Lleldoryn.
Je ne partirai pas tant que cette blessure ne sera pas recousue. Considère que... je choisis de rester?...
Assieds-toi, attends-moi.


Elle le fit s'assoir sans aucune difficulté se dirigea vers les fontes d'un des chevaux, farfouilla et revint avec un équipement à couture sommaire. Elle grimaça, constatant la qualité médiocre de son matériel et la complexité de la plaie à ressouder.
Un éclair traversa son esprit, un souvenir. Des tripes à l'air, humaines, à moitié rependues sur une route. Et tout proche, un cadavre encore chaud et fumant. Sa lame, écarlate. Une douleur terrible au côté gauche de son visage. Une douleur atroce dans son cœur, qui ne serait jamais apaisée, elle le savait à présent pour toujours... Elle fut prise d'un haut-le-cœur, comme cette fois-là. Mais elle avait grandi, vieilli. Elle secoua ses épaules et repris son sang froid.


- On fait tous des erreurs... murmura-t-elle à son tour.

Elle s'agenouilla face à l'homme perforé. Perplexe, elle regarda ses mains liées. Haussant les épaules, elle jugea que sa liberté de mouvement nécessaire, saisit une gourde d'alcool fort et odorant qu'elle avait trouvé et versa de son contenu sur la blessure.


- ... Ça risque de piquer un peu...

L'homme esquissa une grimace douloureuse, ressemblant vaguement à un sourire. Era considéra cet effort comme un signe positif, ce qui l'encouragea grandement à commencer son ouvrage méticuleux et répugnant... Elle retroussa manches et entraves au mieux et se lança courageusement.

Le bruissement des chairs internes se recolant la dégoutait quelque peu. Elle n'avait pas l'habitude de ce genre de tâche: les soins qu'elle se prodiguait elle-même où à des amis en détresse étaient en général bien plus rudimentaires et superficiels. Elle se concentra d'autant plus. Les glougloutements sanguins lui devenant de moins en moins supportable, elle dit d'une voix forte:


- Parlons.

Un silence. Elle reprit.

- Tu as fait ce que tu as jugé bon, sur le moment. Et ce n'est pas un assassin qui te jugera à ton tour. Ni une gamine effrontée. Quant à ton devoir, il est ce qu'il est, et je saurai m'en souvenir, n'aie crainte.

Elle se risqua à une plaisanterie, risquée certes, déplacée peut-être, mais inévitable...

- Et puis... Personne n'est obligé de savoir que tu t'es infligé « ça » tout seul... Elle lui fit un clin d'œil. Tu imagines un peu la gloire qu'une telle marque peut représenter dans le milieu?...

Reprenant son sérieux, elle passa aux choses essentielles.

- Maintenant, si tu désires toujours m'aider, dis-moi deux choses qu'il me faut savoir. Va-t-elle bien? Et que va-t-il se passer, « en bas », à notre retour? On ne peut faire fit des apparences. Et même si je te soigne, parce que c'est mon devoir, et que je le voulais pour d'autres raisons, nous ne sommes pas du même monde... Alors, que va-t-il réellement m'arriver?

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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Sam 2 Avr 2011 - 22:06

Durant toute l'opération, Emrys Til' Lleldoryn était demeuré silencieux et il avait affronté la douleur avec le stoïcisme d'un homme habitué à souffrir. Pourtant, si sa nouvelle blessure était sans gravité, elle était des plus douloureuses. Songeur, il demeurait muré dans son silence et se dirigea vers son destrier, arrivé dans l'intervalle, pour y prélever des vêtements en meilleur état. Prévoyant, il conservait toujours une tenue de rechange dans ses fontes, son passé lui ayant démontré que les longs voyages doivent parfois s'improviser en l'espace de quelques instants.

- Une première chose qu'il te faut savoir, ne m'appelle pas " seigneur ", je n'en suis pas un. Je porte peut-être le titre de seigneur d'Al-Poll, mais c'est un titre désormais dénué de sens que je tiens de mes ancêtres. Appelle-moi simplement Emrys, la princesse Buhuna ne t'en tiendra pas rigueur.

L'ombre d'un sourire plana sur ses lèvres et il reprit aussitôt ses explications :

- Quant à la princesse, elle se porte aussi bien que l'on puisse l'être avec une telle blessure. Le mercenaire du Chaos n'est pas parvenu à la blesser mortellement, elle devrait s'en remettre assez rapidement et, avec de la chance, elle n'en conservera aucune séquelle. La Dame lui a sourit aujourd'hui, mais ce serait un tort de remettre nos vies entre ses mains. A cette heure, tu peux être certaine que le lieutenant Wynn Cil' Delian la veille avec l'ardeur d'un tigre des plaines. Il a fallu beaucoup de persuasion pour le convaincre de ne pas se tuer d'indignité suite à la mort de l'empereur Sil' Alfian - qu'il considère comme un échec personnel - alors que le vieil homme était exsangue à force d'avoir lutté pour la vie de son souverain.

Sans gestes brusques pour ne pas rouvrir ses blessures, Emrys ôtait ses vêtements tout en poursuivant ses explications. La coquetterie n'était une chose qui lui était tant familière, mais il tenait pas à ce que Buhuna apprenne qu'il avait été blessé. Pour l'heure, elle devait s'inquiéter de sa propre santé et non de la sienne et, le demi-Faël connaissant la vitesse à laquelle les rumeurs se propageaient, il jugeait préférable de revêtir un uniforme propre. Signe de dévouement à la cause de Gwendalavir et de sa future souveraine dont il était épris, son torse et ses bras musclés étaient parcourus de cicatrices, derniers témoignages des anciennes blessures qu'il avait reçues jadis, la plupart sans gravité. Se tournant à nouveau vers Erunteva, il s'approcha d'elle et la délivra des menottes :

- Quant à toi, Erunteva, tu m'accompagneras pour comparaître en privé devant Buhuna Sil' Alfian. La loi impériale n'est pas d'application dans les Marches Frontalières, tu n'as pas à redouter le jugement d'un tribunal impérial et tu n'as pas à redouter le jugement du seigneur des Marches pour autant que tu n'as pas manqué au code d'honneur des Frontaliers. Cela te fait sans doute réaliser à quel point j'outrepassais mes pouvoirs en te jugeant pour accomplir ce que je pensais juste et nécessaire.

Haussant brièvement les épaules, d'un air désolé, il poursuivit :

- La princesse a grand besoin du soutien de son peuple pour mettre fin à cette guerre et remonter sur le trône qui est sien. Pour avoir épargné son ami et fidèle conseiller, je ne doute pas qu'elle soit encline à t'amnistier des nombreux crimes qui te sont reprochés, en particulier si tu peux prouver que tu n'en es pas la responsable. Peut-être exigera-t-elle que tu demeures à son service pour un temps déterminé avant de te rendre ta liberté, cela dépendra de l'étendue et de la gravité des crimes que tu as réellement commis. Ou peut-être te rendra-t-elle d'emblée ta liberté en t'accordant une seconde chance. Auquel cas, je peux t'assurer que, si Maeron d'Al-Vor refait surface avec de nouveaux crimes qui lui sont attribués, tu me retrouveras sur ta route pour subir le châtiment que te réservera la loi impériale. Ou peut-être ta destinée sera-t-elle tout autre, nous le découvrirons bien.

Réfléchissant un instant, il s'interrompit :

- Parce que je te dois une vie, je t'assurerai un jugement équitable. Mentionne la moindre allusion sur mon appartenance à l'Ordre des Chantelames et sur mes crimes et tu meurs. Ce que je fais, je le fais pour le Bien de Gwendalavir, mais tous doivent l'ignorer, la princesse Buhuna Sil' Alfian plus que toute autre.Montant à cheval, il ajouta : A présent, récupère tes armes et monte en selle. Tu m'accompagneras sans être entravée, mais tu ne porteras pas ostensiblement tes armes. Lui lançant sa cape : Enfile cette cape et porte le capuchon baissé pour dissimuler ton visage jusqu'à ce que nous soyons seuls en présence de la princesse. Fais-toi discrète, je ne tiens pas à ce que nous soyons remarqués, et n'essaie pas de t'enfuir.

Sans ajouter un mot, Emrys Til' Lleldoryn fit avancer son cheval et se mit en route pour la Citadelle, prenant soin de récupérer sa fidèle épée Katell au passage. A la pensée que Iorweth Til' Lleldoryn lui aurait flanqué une fessée pour avoir traité de la sorte une telle relique familiale, le demi-Faël eut un sourire triste. Son oncle l'avait aimé, malgré tout, mais la cause qu'il défendait était plus importante que les liens familiaux...

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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Lun 4 Avr 2011 - 2:50

- Si j'avais voulu partir, je l'aurais déjà fait tu ne crois pas?...

Se dirigeant vers le cheval qu'elle avait « emprunté » plus tôt, elle récupéra au passage la dague du maître d'arme qu'elle coinça momentanément dans ses fontes, à cote de sa propre lame. Heureuse, elle retrouva son cher couteau qu'elle ré-enchâssa dans la gaine de son mollet. La jeune fille réceptionna la cape au vol et la jeta en travers de l'échine du puissant destrier martial.

- Pfff!... Tu pourrais m'attendre quand même!... grommela-t-elle.

Erunteva à son tour, et malgré son accoutrement, sauta souplement en selle et lança son cheval au pas. Comptant sur le dressage exemplaire de l'animal, elle délaissa les brides un instant pour se tourner vers les fontes. Elle y trouva ce qu'elle cherchait: un linge de corps propre et de l'eau claire, avec lesquels elle entreprit de laver les plaies de son visage. Assez superficielles en fin de compte, quoique impressionnantes d'aspect, elle jugea qu'elles se refermeraient très bien toutes seules, rangea ses affaires et fit accélérer sa monture.

Un tas de questions et réflexions lui traversait l'esprit mais elle n'osait s'en ouvrir à l'homme qui traçait la route devant elle. Pour un « conseiller impérial », il était plutôt bien conservé le bougre! Lorsqu'il s'était changé... la jeune fille n'avait pu se retenir d'un léger coup d'œil appréciateur et, ma foi, ce dernier n'avait pas déçu ses illusions et attentes, loin s'en serait fallu... Ses yeux de ciel et ses cheveux de neiges n'enlevaient rien à son charisme, au contraire... Elle songea à la Princesse et à l'amour innommable qu'il lui portait et la trouva bien chanceuse. Puis elle se rappela la guerre civil et la disparition de la famille impériale et ravisa son jugement. Baaah! Comme les gâteaux sur les étals des marchands: aucune loi n'interdisait de les regarder. Même si la pâtisserie en question était déjà réservée.
Elle poussa sa monture au niveau du cavalier et lui tendit sa dague, pommeau en avant.


- Tu n'aurais pas oublié quelque chose?... lui glissa-t-elle subtilement.

Le guerrier récupéra son bien sans mot dire, le rangeant directement dans son fourreau, mais la remercia néanmoins d'un discret hochement de tête. Hésitant un court moment, elle saisit finalement sa propre lame et la lui tendit également.


- Tu devrais peut-être la garder aussi?... Ce... ce sera plus discret. Prends-en soin, s'il te plait. Bien qu'ordinaire, j'y tiens presqu'autant que toi à ton épée.

Ils voyagèrent en silence après cet épisode. Cependant, quelque chose taraudait la jeune fille... La princesse n'était probablement pas rétablie, elle ne pourrait être reçue rapidement. De plus, le Chantelame était parti à sa poursuite, cela paraîtrait louche qu'il rentre sans Maeron mais soit pourtant accompagné d'une personne inconnue et qui plus est dissimulée sous une cape écarlate, insigne impérial... Qu'allait-il advenir d'elle durant le temps précédant son jugement? Et comment Emrys Til'Lleldoryn comptait-il s'y prendre pour la faire admettre à la Citadelle décliner son identité ni subir de fouilles?... Inquiète pour eux deux, elle revint près de l'homme et s'ouvrit de ses interrogations auprès du protecteur impérial. Elle préféra tout de même prendre une approche dérobée, moins crue, pour masquer un peu ses craintes.

- Capitaine... heu... Emrys? Crois-tu que les gardes nous laisseront entrer sans problème?...

Le maître d'arme la jaugea du regard, cette jeunette était loin d'être idiote. Mais il n'était guère dans ses habitudes de faire des compliments à outrance et il choisit plutôt de la rabrouer quant à sa tenue (sans doute une habitude familiale héritée de son oncle...).

- Ne t'avais-je pas dit d'enfiler cette cape? Les rebelles ne font pas de vieux os sous la loi martiale, tu devrais le savoir.

- Mmmm! grommela-t-elle pour signifier son mécontentement et qu'elle n'abandonnerais pas sans réponse.

- ... Quel âge as-tu reellement?

- Hein? Que... Qu'est-ce que...?...

- Hé bien? Réponds! Je ne vais pas te manger...

- Je... heu... 19 ans. Depuis quelques mois. ... Pourquoi?

- Tu te sens en forme pour jouer une bâtarde rebelle et hystérique?

- Quoi?!? fit-elle éberluée.

- Fais ta plus belle moue boudeuse, fille sans nom, ton cher père te ramène à ses appartements!

Era ne sut plus que dire et garda le silence, bouche-bée, le long du chemin descendant la montagne. Elle fini même par obtempérer quand le Capitaine lui ordonna de vider le contenu glacé d'une outre pleine d'eau sur elle pour la mise en scène avant d'enfiler la cape rouge, qui ne tarda pas à s'imbiber elle aussi. Elle n'eut point à se forcer beaucoup pour paraître transie et colérique en arrivant à la porte de la Citadelle, le vent froid du nord soufflant fort l'air humide du soir et Emrys ayant dû lui lier les mains à la selle de son cheval qu'il guidait à présent lui-même par la bride. La capuche rabattue jusqu'à ses joues, la jeune curieuse ne voyait rien ou presque de ce qui se passait ni ne pouvait admirer la beauté des lieux réputée mais savait qu'ainsi personne non plus ne risquait de reconnaitre son visage et la célèbre cicatrice qui lui barrait l'œil.

Lorsqu'ils furent passés, sans soucis (sans même qu'on demande au Capitaine des explications sur sa râleuse captive) comme l'avait prédit le maître d'arme, des chuchotement s'élevèrent quasi inaudibles dans leurs dos. Le Chantelame s'était soudain raidi, perturbant sa monture, et Erunteva savait qu'il n'avait rien perdu de l'échange, dont elle-même avait saisi quelques bribes représentatives... et peu élogieuses ou même respectueuses... Sans compter sur le fait que se moquer de la possible frustration, voire l'impuissance, d'un supérieur ou non, était un point fort sensible chez les hommes, et plus encore les soldats! Elle se demandait bien comment allait réagir Emrys à ces rumeurs...

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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Mar 12 Avr 2011 - 17:24

Emrys était las, mais ce n'était pas tant la lassitude d'un dur labeur que la lassitude qui s'empare des personnages vivant dans la manipulation et les secrets. Il lui aurait été plus simple de revenir avec Erunteva Ervil comme prisonnière, mais l'intérêt de l'Empire commandait. De plus, outre le fait que la jeune femme était une brigande talentueuse dont le Trône pouvait utiliser les services, elle l'avait épargné quand lui-même avait commis une erreur et ce simple fait était digne de sa considération. Erunteva Ervil, alias Maeron d'Al-Vor, valait bien toutes ces complications dont il se serait bien passé.

Jusqu'à présent, tout s'était bien passé, Erunteva tenait bien son rôle, bien qu'elle était encore quelque peu dépassée par les évènements. Tout se serait passé comme prévu si ces soldats ne s'étaient pas mis à faire des commentaires irrespectueux. Si Emrys ne les avait pas entendus, il n'aurait pas eu à s'en inquiéter. Hélas, son ouïe était fine et il n'en avait pas manqué un mot : ces hommes auraient dû le savoir, Emrys passait pour avoir des exceptionnellement sens aiguisés. Ceci expliquait cela, ils étaient des lanciers réguliers, non pas des lanciers de la garde, des conscrits recrutés par décret de feu l'empereur afin de renforcer les effectifs des armées impériales pour tenir les frontières nordiques de Gwendalavir face aux hordes raïs à une époque où les Spires étaient verrouillées. Ces lanciers auraient dû être démobilisés et renvoyés chez eux, mais les évènements récents avaient modifié la donne. Depuis lors ces hommes étaient de plus en plus difficiles à tenir en main, ils ne s'étaient engagés pour un service de longue durée et ils multipliaient les manquements à la discipline et les actions de contestation. Le demi-Faël devait les remettre à leur place :


- Sergent! Pour avoir manqué de respect à un officier supérieur, ces soldats doivent être dûment sanctionnés! Qu'ils soient consignés dans leurs quartiers avec des demi-rations pour toute la durée de ce confinement, en attendant de recevoir une sanction plus adéquate de leur officier!

Ledit sergent parût quelque peu étonné de la réaction de l'officier, ne s'attendant nullement à ce que leurs propos moqueurs fussent entendus. Alors que ses compagnons manifestèrent leur opposition à cet ordre direct, ce dernier était quelque peu embarrassé et hésitant et il tentait de négocier et de dissuader Emrys de leur infliger cette sanction. Le demi-Faël, en revanche, se montra absolument intraitable et il dégaina son épée d'un mouvement vif et gracieux :

- Sergent, bouclez-la et obéissez séant! Je veux de la discipline dans les rangs! Le prochain d'entre vous qui contestera mon autorité aura intérêt à faire un meilleur usage de son épée que de sa langue, car il sera considéré comme un mutin hostile et je l'abattrai sur le champ comme tel!

L'ordre fit froid dans le dos, mais pas autant que le regard glacial du demi-Faël ou que le calme dont il ne se départait pas. Le sergent ramena alors l'ordre dans les rangs de ses soldats et s'exécuta aussitôt pendant que Emrys rengainait son épée et s'en retournait auprès d'Erunteva. Il reprit aussitôt son chemin en direction de la Citadelle :

- Méfie-toi de ces soldats réguliers, ils nous poseront des problèmes avant l'arrivée du printemps, j'en suis prêt à le parier.

Sans rien ajouter d'autre, il poursuivit son chemin et la guida au travers du dédale de la Citadelle. Une fois dans ses appartements, il verrouilla la porte et se dévêtit de sa ceinture d'épée et de son tabard d'officier pour se mettre plus à son aise. S'installant dans un siège à haut dossier, il quitta soudainement son silence pour s'adresser à Erunteva en l'observant attentivement :

- A partir de ce moment et jusqu'à nouvel ordre, tu seras Blodwyn Til' Lleldoryn, ma fille illégitime que j'ai engendrée à l'âge de 18 ans avec Gladys Fariel, une jeune et avenante paysanne de la province d'Al-Chen. Ta famille maternelle ne voulait plus de toi, autant pour des raisons financières que pour ta personnalité dérangeante, et elle t'a envoyée à moi avec une lettre de Gladys expliquant que je suis ton père. J'ignorais ton existence jusqu'à ce jour et j'ai pris la décision de pourvoir à tes besoins, le temps de te trouver un parti correct à épouser, ce que tu désapprouves. Par ailleurs, tu me détestes et tu n'as d'autres aspirations que fuir ta famille et vivre ta vie comme tu l'entends, ce qui fait que je t'ai consignée dans mes appartements jusqu'à ce que je sache faire de toi. Tu penses pouvoir assumer ce rôle, Erunteva? Parce qu'il te sera dévolu au minimum jusqu'à ce que je puisses obtenir une audience privée avec la princesse Buhuna pour te présenter à elle et découvrir la destinée qui sera la tienne.

Avec un soupir, Emrys ajouta :

- Buhuna étant convalescente, cette audience devra attendre plusieurs jours, sinon plusieurs semaines.

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MessageSujet: Re: La Glace et le Feu: dangereuse rencontre inopportune... (RP terminé)   Lun 4 Juil 2011 - 2:38

Toujours debout au milieu de la pièce, Erunteva encaissa ces nouvelles sans broncher. Jouer la comédie était devenu une seconde nature chez elle et ne lui avait de toute façon jamais causé de problème auparavant. Le soucis de devoir rester confinée pendant une longue durée l’inquiétait un peu plus... Elle avait besoin du grand air pour vivre et se sentir bien. Et comment occuperait-elle ses terribles et longues journées de solitude et d'enfermement?... Toujours accoutrée de sa robe déchirée et de la cape trempée de l'officier, elle fit quelques pas vers une grande fenêtre. Elle observa les alentours et la constata la superbe vue dégagée que possédaient les appartements d'Emrys. Il n’était décidément pas n'importe qui aux yeux des puissants de l'Empire... Une pensée en entraînant une autre, elle songea à la princesse. L'homme l'avait quittée à peine sauvée et n'avait plus reçu aucune nouvelle d'elle depuis lors... Il devait se faire un sang d'encre! Era se tourna alors vers lui. Du haut de son fauteuil, il l'observait consciencieusement, ne dissimulant que ses pensées et non ses actes à la jeune fille qu'il « hébergeait » désormais. Elle soutint son regard un instant puis pris la parole, brisant le silence ambigu qui régnait alors entre eux.

- Ce rôle me sied à merveille Capitaine, bien que j'ai encore un peu de mal à saisir comment toi tu vas t'en dépêtrer... Je suppose que je n'ai plus trop à te faire de démonstration, je pense que mes capacités ont été prouvées depuis bien longtemps, n'est-ce pas? En outre, j'estime assez la princesse Sil'Alfian pour m'en remettre pleinement et volontairement à son seul jugement. C'est un grand honneur que tu me fais en m'accordant d’être jaugée par elle, dans une entrevue privée qui plus est! Cela étant dit... que cela t'importe ou non, je t'estime toi aussi. Je veux dire toi Emrys, pas le Capitaine Til'Lleldoryn. Et je crois que tu t'es déjà trop longuement occupée de moi aujourd'hui. Je suis une grande fille, tu peux aller sans crainte. Sache que je donne rarement ma parole mais lorsque je le fais je ne la renie jamais. Si en retour tu as une once de respect ou même de pitié à mon égard, fais une chose pour moi: vas la voir. Prends de ses nouvelles, parle-lui, rassure-la et profite un minimum, tant que tu le peux. Parce qu'on ne sait jamais de quoi demain est fait, je l'ai appris durement un jour.

Se risquant à changer de ton pour remonter le moral des troupes, elle glissa une boutade, suivie d'un clin d’œil malicieux.

- Allais, vas! Je suis sûre qu'une montagne de travail t'attend déjà dehors et que tu trépignes d'impatience de t'y atteler! Wink


RP terminé

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